Simon Adjatan
mar
2009

Introduction

INTRODUCTION

L’information est considérée partout dans le monde, au même titre que le pétrole, comme une matière première, facteur essentiel du développement. Elle joue un rôle prépondérant dans toute politique de développement et sa bonne diffusion accroît son pouvoir.

Le développement est à la fois politique, économique, culturel et social et si le Bénin s’inscrit encore parmi les pays en voie de développement, c’est parce qu’il accuse un retard sur ces quatre plans. Toute politique ayant pour but d’oeuvrer pour le développement du Bénin sans prendre en compte l’information sera vouée à l’échec. C’est dire donc que l’information est capitale dans le développement et que sa gestion ne saurait être confiée à des profanes.

Pendant plusieurs années, la gestion des archives a été au Bénin une tâche confiée à des subalternes sans formation. Lorsqu’on sait que l’archivistique est la science qui collecte, traite et diffuse les documents d’archives, on se rend compte qu’il incombe que les mentalités changent au plus tôt.

Mais il est souvent difficile de se départir d’une ignorance qui sous le poids des années, a eu le temps de devenir une certitude. Conséquence, malgré les efforts fournis par les archivistes professionnels du Bénin pour servir à leurs usagers potentiels, des informations et des documents d’archives bien traités, ces derniers continuent de sous-estimer les valeurs informationnelles des archives. Ce qui constitue un frein à la diffusion de cette catégorie d’information. Mais que faire pour que l’information joue à travers sa diffusion, son rôle dans le processus de développement au Bénin ? Et surtout, est-il possible d’adopter une méthode interdisciplinaire réunissant les archives, l’histoire et les média afin d’aboutir à cet objectif ?

Les usagers par excellence des Archives ceux qui devraient les fréquenter, sont les historiens. En effet, « l’histoire se fait avec des documents ». Autrement dit, point de document, point de salut pour l’histoire et pour l’historien, cela signifie que pour une meilleure diffusion de l’information archivée, il importe d’impliquer les historiens dans la chose archivistique. Mais cette collaboration bilatérale souffrirait d’un mal : l’information ne parviendra qu’aux historiens et autres apprenants. Il importe donc de trouver un moyen pouvant la véhiculer jusqu’au grand public. Ici, le collaborateur rêvé pour accomplir une pareille mission en pouvait être que les média, d’où la collaboration Archives - Histoire - Média pour une meilleure diffusion de l’information.

Cependant, un problème reste posé : au Bénin, les archives ne relatent la vie politique, économique, culturelle et sociale qu’à partir de la pénétration coloniale marquant l’introduction de l’écriture. Qu’est-il possible de faire pour collecter, traiter et diffuser les informations appartenant à la période précoloniale et à l’ancienne époque ?

Si l’histoire nécessite des documents selon Fustel de COULANGES, pour Lucien FEBRE, « l’histoire se fait avec des documents quand il y en a ; dans le cas contraire, il faut se servir de tout ce qui témoigne du passage de l’homme sur la terre pour parvenir ». La tradition orale étant très active au Bénin, il est alors utile d’y faire recours afin de compléter l’histoire actuelle du Bénin. Encore une fois, cette tâche devra mobiliser les archivistes, les historiens et les professionnels des média afin que les témoignages, des griots, fixés essentiellement sur support audiovisuel soient accessibles à un public à plus de 80 % analphabète.

Ainsi l’information sera pleinement diffusée et le développement connaîtra l’essor nécessaire à l’émergence du Bénin.

Le présent document qui se propose de contribuer à une meilleure diffusion de l’information en même temps qu’il veut développer et étendre (ne pas se cramponner uniquement aux documents écrits) les activités archivistiques au Bénin comporte deux grandes parties divisées chacune en deux chapitres :

La première partie présente les généralités sur les Archives, l’Histoire et les Media au Bénin, puis en dresse l’état des lieux. La deuxième partie étudie l’interaction entre les Archives, l’Histoire et les Media pour aboutir à des solutions et suggestions pour une collaboration favorable à une meilleure diffusion de l’information.

Popularité 1%